Après deux ans de bataille, le fromage au lait cru est de retour. Le fromage préféré des français enfin réhabilité sur chaque table de cuisine de l’Hexagone !
La réputation du camembert au lait cru n’était plus à faire ces deux dernières années… De nombreux problèmes d’ordre sanitaire invoqués par les producteurs industriels de ce fromage eux même, ont fait de lui l’ennemi public numéro1. Seuls de téméraires défenseurs du patrimoine gustatif français, tapant du poing sur la table, résistaient encore et toujours à l’envahisseur en consommant le produit dit« dangereux ». Mais il n’en est désormais plus rien aujourd’hui. Et pour cause : ces mêmes industriels qui blâmaient la pâte molle la fabriquent de nouveau à l’heure actuelle. Retour sur une histoire qui, dès le départ, sentait plutôt mauvais… Des bactéries à table et dans nos assiettes ?
«Nous reprendrons la fabrication de camembert au lait cru début avril», certifie Claude Granjon, directeur de la coopérative d'Isigny-Sainte-Mère (Calvados). «Nous étudions les modalités de la relance du camembert au lait cru», affirme de son côté Luc Morelon, directeur de la communication du groupe Lactalis (producteur des marques Lanquetot ou Lepetit). Deux ans plus tôt, en 2007, Lactalis et la coopérative d'Isigny-Sainte-Mère décidaient pourtant d'abandonner le camembert au lait cru, prétextant que ce dernier pouvait présenter des dangers bactériens (bactérie Escherichia coli), servit à table et dans nos assiettes. Le consommateur aurait dû remercier ces industriels pour leur sens du devoir. Et pourtant, il n’en a rien été.
Le camembert de nouveau sur la table : un retour décidé par les consommateurs
En réalité, ce fromage au lait cru particulièrement apprécié lorsqu’il s’agit de passer à table coutait relativement cher à la production. Lactalis a alors tenté de « microfiltrer » ou de « thermaliser » sa production, tout en exigeant l'Appellation d'Origine Contrôlée pourtant uniquement réservée aux fromages au lait cru. Le ministère de l'Agriculture refusant catégoriquement ce procédé, Lactalis décide de stopper sa production, invoquant des risques pour la santé quant à la consommation de ce type de camembert. Les consommateurs mécontents se sont alors rabattus sur d’autres marques de fromages (Reo, Galonde, Graindorge) qui, eux, ont vu leur chiffre d’affaire doubler. C’est donc suite à la fermeture d’une usine (St Maclou) et à une perte de part de marché considérable que Lactalis, comme Isigny, ont décidé de faire du camembert au lait cru leur nouvelle production phare pour 2009.
Le français serait-il prêt à ne plus avaler n’importe quoi face aux industriels de l’agroalimentation… ?
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